Origines de la forêt :
Avant 1866, la forêt domaniale de Granges et Champdray appartenant à l’Etat, était soumise à des coupes importantes afin de satisfaire les besoins des habitants des communes environnantes (entre autre Granges sur Vologne). Les abus de pâturage y étaient fréquents.
En 1866, afin de supprimer ces abus, l’Etat donne à la commune de Granges, les cantons jusqu’alors réservés aux habitants. Ainsi, sont crées les forêts communale de Granges et sectionale de Berchigranges. En 1963, ces 2 forêts sont rassemblées et forment l’unique forêt communale de Granges sur Vologne d’une surface de 408 ha.
La forêt communale de Granges sur Vologne :
Depuis la forêt communale a été agrandie par des achats de la part de la commune pour atteindre la surface actuelle de 430 ha. En effet, en 2002, et afin de compenser la perte de revenu lié aux arbres exploités du fait de la tempête de 1999, la commune fait l’achat de 4 parcelles de douglas (ancienne propriété Mougeolle). Quand des parcelles forestières limitrophes de la forêt communale sont à vendre, la commune étudie l’opportunité de les d’acquérir, comme à La Grande Feigne, en 2011 (achat fait de 20 ares).
La forêt communale de Granges sur Vologne se situe principalement sur le ban communal, mais aussi sur le territoire communal de Liezey (pour 51 ha).
Depuis 1866, la forêt a toujours été divisée en 2 types de sylviculture, l’une en futaie régulière (parcelles où les arbres ont à peu près tous le même âge ou diamètre), l’autre en futaie jardinée (parcelles où il existe un mélange d’arbres de tous les âges ou diamètres). Actuellement, la forêt est majoritairement résineuse (92%) avec la proportion d’essence : sapin 52% ; épicéa 26% ; hêtre 7.5% ; pin sylvestre 7% ; douglas 7% ; érable sycomore 0.5%. Certaines parties de la forêt recèlent de magnifiques épicéas atteignant les 50 mètres de hauteur (parcelles 10 et 25). Quelques espèces de plantes protégées sont présentes tel que la ‘‘Listera cordata’’, petite orchidée des sols humides et faigneux.
L’aménagement forestier rédigé par l’ONF en 2002, règle pour une durée de 15 ans, les coupes et les travaux nécessaires à maintenir une production de bois la plus importante possible tout en prenant en compte le tourisme et la biodiversité. La récolte annuelle de bois est autour de 2 920 m3 (6.8m3/ha/an), ce qui représente entre 110 000 et 150 000 euros de rentrée d’argent (selon les cours du bois) pour la commune par an. Cette récolte augmentera au fur et à mesure que les jeunes peuplements issus de la tempête rentreront en production, ce qui permettra de petit à petit retrouver la récolte de bois d’avant la tempête de 1999, soit environ 3 500 m3.
Plus globalement, sur le territoire de Granges sur Vologne, la forêt couvre 1 927 hectares soit 67%, qui se répartissent en 430 ha de forêt communale (22% de la surface forestière), 415 ha de forêts privées (21%) et 1 082 ha de forêt domaniale (66%)
La faune :
La forêt communale de Granges sur Vologne, mais aussi les forêts environnantes, accueillent la faune classique des hêtraies-sapinières vosgiennes dont le cerf, le chevreuil, le sanglier, mais aussi le chamois dans la vallée du Kertoff. Le Lynx est passé à plusieurs reprises sur la commune, en particulier en 1983 et en 2005/06, mais cette espèce restera toujours très difficile à observer. Pour la petite faune, on peut couramment rencontrer le renard, le blaireau, la martre, le lièvre, l’écureuil, la bécasse. Le Grand tétras occupait, il y a encore peu de temps, les forêts les plus élevées mais il a maintenant disparu de la commune, suite essentiellement à la pénétration humaine toujours plus importante : infrastructure et exploitation forestière et développement du tourisme surtout hivernal (ski de fond puis raquettes). Par contre la Gelinotte est probablement présente mais ce gallinacée très discret reste à découvrir. Tout au long de la Vologne, on peut observer le héron (qui parfois commet quelques larcins sur les truites), le cincle plongeur ou merle d’eau qui cherche sa nourriture au fond de la rivière, et le castor bien discret car essentiellement nocturne sauf en hiver quand il abat arbustes et arbres afin de se nourrir de l’écorce : propriétaires riverains de la Vologne, si tel était le cas, attendez que le castor ait fini de ronger l’écorce avant d’enlever l’arbre indument abattu, sinon il en abattra un autre. Toutes ces dernières espèces sont bien sur protégées.
La chasse :
Le gibier est assez nombreux sur le ban communal et la société de chasse de Granges sur Vologne exerce le droit de chasse (en battue ou individuellement à l’affût) sur les 430 ha de la forêt communale, mais aussi sur 550 ha de forêts et bois privés. Les espèces cerf, chevreuil et sanglier y sont régulièrement chassés ainsi que parfois le chamois dans la vallée du Kertoff. Pour la campagne 2011/12, le plan de chasse maximum est de : 3 cerfs, 5 biches, 4 jeunes, 14 brocards et 14 chevrettes ainsi que 20 sangliers et 1 chamois.
La prise en compte de la biodiversité :
L’aménagement forestier prévoit de favoriser le mélange des essences en particulier les feuillus. Par ailleurs, les arbres à cavités ou creux sont conservés en faveur des populations d’animaux tel que les Pics (noir, cendré, et épeiche), les mésanges, la sitelle, les chouettes de montagne, mais aussi les écureuils, les martres, les insectes sociaux ainsi que les chauve-souris. Des arbres morts (de faible valeur économique) sont conservés au profit des insectes qui se nourrissent du bois mort (40% de la biodiversité chez les insectes).
Natura 2000, programmes européen et français de prise en compte de la biodiversité, sont aussi déclinés en forêt communale de Granges sur les parcelles 39, 40 et 41 au titre de la Directive Habitats et sur les parcelles 39, 40, 41, 64 et 65 au titre de la Directive Oiseaux.
Accueil du public : Plusieurs itinéraires balisés du Club Vosgien sillonnent la plupart des cantons du ban communal, faisant découvrir les points de vue remarquables de la vallée de la Vologne : Girompaire, Les Chappes ou Les Baumes. Balisé par le Syndicat d’initiative de Granges (à partir des Jardins de Berchigranges), le sentier des Huttes fait découvrir les multiples facettes de nos belles forêts ainsi que l’extraction et l’exploitation du granit, activité fort importante au début du siècle dernier sur la commune de Granges. Pour les moins aventureux, le sentier de découverte du Rayau (près de l’étang du même nom) permet d’approcher la diversité (28 espèces d’arbres forestières ou non) présente sur notre commune.