Au commencement du VIe siècle, le territoire de Granges faisait partie du Royaume d'Austrasie, qui avait pour capitale Metz.

Trois siècles plus tard, à l'avènement de Lothaire, cet Etat prit le nom de Lotharinge, d'où l'on a fait le nom de Lorraine.

En 959, la Haute-Lorraine, avec le Barrois, formèrent les Duchés de Lorraine et de Bar.
Enfin, en 1048, l'empereur Henri III institua les ducs héréditaires. Le premier fut Gérard d'Alsace ; le dernier fut Stanislas 1er, roi détrôné de Pologne et beau-père du roi de France. Après sa mort, les duchés de " Lorraine et de Bar " devaient être réunis définitivement à la France, ce qui eut lieu en 1766.

D'après les plus récentes données de l'archéologie, les débuts de l'homme primitif, dans les Vosges, ne remonteraient pas à la période quaternaire ou, du moins, s'il existait quelques rares types de la race préhistorique, ils ne purent résister, ni sans doute se mélanger aux occupants successifs : Celtes, Germains, Romains, d'où est sortie la population mixte actuelle.

Quoiqu'il en soit, dans les parages qui nous occupent, l'aire des premiers habitants était très restreinte et consistait en quelques cabanes informes, assises aux bords de la rivière et dissimulées dans les fourrés d'un accès difficile, en quelques grottes creusées sous les Roches des Baumes.

Les premiers défrichements et les premières cultures appréciables se placent au XIIIe siècle sous le duc Ferry III.





A cette époque, dans les " finages " où sont actuellement agglomérés Genazeville (berceau de Granges), Granges (le centre), le Bas-de-Granges, le Cours-de-l'Aître, les Paires, les Cherrières, les Voids, surgirent successivement mais lentement, les premiers groupes d'habitants, qui furent de bonne heure désignés, dans leur ensemble, sous le nom de Gringeaux (Granges gringe, en langage du temps).
Cette dénomination s'explique aisément : copieusement arrosée sur les bas-côtés longeant, au sud-ouest, la montagne des Baumes et, à l'opposé, celles du Tayon, du Palon et de la Moulure ; par les crues quasi-périodiques de la rivière, dues aux pluies automnales et à la fonte des neiges, la large vallée était abondamment fournie d'herbages et de tendres arbrisseaux. D'où l'élevage, réunis par groupes d'habitations, d'assez forts troupeaux des espèces bovines, caprines, porcines, etc…, de canards, oies, qui nécessitaient l'établissement, sur les points hauts (axe de la vallée), de vastes écuries et engrangements.