Les progrès de la culture, puis ceux de l'exploitation forestière et du tissage des toiles de chanvre et de lin, se développant, le reste de la vallée, en aval et en amont, ainsi que les flancs et jusque le sommet des montagnes environnantes, se peuplèrent à leur tour et formèrent - ayant constamment Granges pour chef-lieu - les hameaux et cens de Frambéménil et dépendances ; du Pré-Genêt, des Chappes, de Rosé, de Tihangoutte, etc…, du Jay, du Poutreau, des Huttes, de Berchigranges, etc…, de Pétempré, du Spoix, de Gadémont, des Crostés, de Menaumont, etc…, le tout formant le " Ban de Granges ", réunion des intérêts collectifs des finages des cinq communautés, lesquelles conservaient leur autonomie propre pour les affaires ou questions de détail.

Les limites territoriales respectives de ces cinq groupes, qui étaient, par endroit, vagues, imprécises, mélangées, peuvent néanmoins se rétablir ainsi par rapport à l'état actuel, savoir :

la Mairie de Granges (centre du bourg, les Voids, le Bas de Granges, toute la côte de Rosé, depuis le Pré Genêt jusqu'à Herméfosse),
les nouveaux Arrentès : les Paires, les Cherrières (en partie), la Granges-Léonard, les Crostés, les Gouttes-d'Aufour, le Haut-Rain, le Page (commune de Liézey), les Aunaux, Pétempré),
la Juration de Frambéménil (hameau de Frambéménil, les Ménimis, les Egelets, le Boulay, le Quatre-Vents, la Passementière),
les Arrentès au-dessus de Granges (Nallangoutte, Maripré, Berchigranges, Liezey (partie),
les Vieux Arrentès : les Paires (en partie), les Cherrières (en partie), Genazeville, le Jay, le Poutreau, Blanchefeigne, Sorégoutte.

Les communautés 2 et 4 " ne forment aucun village ; elles sont composées de maisons et hameaux entremêlés parmi les autres communautés ".

En 1790, la 1ère communauté comptait 94 conduits, ou chefs de ménages, la 2e : 60, la 3e : 70, la 4e : 37 et la 5e : 30.

L'unité de Granges, qui était depuis longtemps, un fait acquis, certain, au point de vue spirituel ne fut réalisée, au point de vue administratif et officiellement, que le 26 Décembre 1791, par délibération (approuvée le 10 février suivant par le Directoire du district de Bruyères), prise en assemblée plénière par les Conseils Généraux des cinq communautés " arrêtant que les cinq Municipalités seraient réunies pour, dorénavant, n'en former plus qu'une ".